Blogueuse : Interview de Laugh Of Artist

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Victoria tient le blog laugh-of-artist, un univers sur la mode, le lifestyle et les voyages mais elle gère également le compte Instagram laugh_of_artist qui recense plus de 73.000 abonnés.

Mi-parisienne mi-troyenne, cette jeune femme a étudié la communication pendant 3 ans et s’est lancé dans le blogging a la fin de ses études, début 2016. Les influenceuses dans l’univers de la mode, de la beauté, du lifestyle… alors oui ça fait rêver mais il y en a une poignée! Alors comment se démarquer ? Comment être visible? Victoria aka laugh of artist répond à nos questions.

Qu’est-ce qui t’a amené à devenir blogueuse ?

Quand j’étais plus jeune, à l’époque sur Skyblog, j’ai toujours suivi la blogosphère et j’ai toujours aimé cet univers. J’avais un blog mais j’arrivais pas à avoir une certaine assiduité et vraiment apporter du contenu à plein temps donc c’était assez décousu. Je me suis vraiment lancé à la fin de mes études de communication. Mes professeurs m’ont demandé de faire un blog sur des actualités médias. Avec mes camarades on l’a alimenté pendant 6 mois et ça m’a redonné envie de bloguer. Ça faisait longtemps que je voulais consacrer du temps à un blog alors j’ai acheté un nom de domaine et je me suis dit maintenant tu t’y tiens, tu es obligé de faire un truc qualitatif. Ensuite je suis partis aux États-Unis pendant quelques mois. Dans un premier temps ce blog était un relai entre mes proches et moi, c’était un intermédiaire. Puis j’ai commencé à poster petit à petit mes premiers looks et quand je suis rentrée en France je savais pas trop si je voulais continuer les études ou si je voulais me professionnaliser.

Est-ce que tes études t’ont aidé à devenir influenceuse ?

Mes études de communication étaient très globales donc on avait bien sur du digital. Nous avions des stages à mener de plusieurs mois et par hasard je me suis retrouvée dans la mode en stage chez Gat Rimon, une marque parisienne de prêt-à-porter. Ils m’ont gardé en temps partiel puis j’ai enchaîné les stages dans le milieu de la mode et de la beauté par la suite. De base je voulais être dans la publicité mais mes stages m’ont amené dans le milieu de la mode, alors mon blog c’est un peu la continuité de ces expériences. Grâce à mes études et mes stages, j’ai ce regard interne et externe en tant que blogueuse et en tant qu’annonceur.

Ton compte instagram est suivi par plus de 73.000 followers sur instagram. Est-ce que tu t’attendais à un tel succès ?

Au début je partageais des photos de mon quotidien, du lifestyle, de la mode, de ma vie quoi. Ça s’est fait crescendo. Et puis il n’y avait pas encore cette dimension commerciale comme aujourd’hui où tu peux vraiment vivre du blogging. Ça s’est vraiment accéléré par la suite, mais je ne serais pas dire pourquoi, je n’ai pas la recette du succès, parfois on ne sait pas pourquoi un truc marche et un autre pas.

Comment se déroule ta journée entre la gestion de ton blog et de tes réseaux sociaux ? Combien de temps y consacres-tu ?

J’y consacre tout mon temps ! Je pense que je dépasse largement les 35h/semaine (Rires!) Mais quand tu fais un métier qui te passionne tu ne comptes pas tes heures et tu n’as pas l’impression de travailler. C’est beaucoup d’investissement, beaucoup de boulot mais je n’ai pas de journée type. En général, le matin j’aime bien être chez moi jusqu’à midi pour réceptionner les colis, écrire mes articles, faire des photos… Le midi j’ai souvent un déjeuner professionnel avec des marques, des agences, des clients. Parfois je teste des adresses de restaurant. Ensuite dans la journée j’enchaine souvent des rendez-vous, des shooting et je prends le temps d’avoir un créneau pour écrire sur le blog, traiter les photos, répondre aux mails… Le soir en général, j’ai des events. Il y en a beaucoup donc malheureusement ce n’est pas possible de tous les faire. En fait mon emploi du temps varie selon les périodes, qui sont plus ou moins intenses.

En Juin 2015, toi et ta soeur avez créé votre marque de prêt-à-porter féminin qui s’appelle Yayou. Est-ce que tu peux nous parler du concept ?

Yayou c’était l’envie d’un projet commun. Aussi, on en avait marre de craquer sur des pièces qui valent un bras alors que la qualité ne suis pas toujours. On a donc crée notre vestiaire idéal. Une mode éthique et accessible. Alors pas cher tout est relatif mais le made in France a un coût. Ma soeur, Aliénor, est comédienne donc rien à voir mais on s’est dit que c’était le moment de se lancer, on est jeunes et si on se plante tant pis.

Sans ton influence de blogueuse est ce que tu te serais lancé dans le prêt-à-porter féminin comme tu l’as fait il y a deux ans.

Je ne l’aurais pas fait sans mon pied dans le blogging, je me serais pas lancée. Parce que des marques à l’heure actuelle, il y en a beaucoup ! Et le blogging m’a apporté énormément de contacts et aussi des copines. Je sais que sans elles, je n’aurais pas eu l’appui nécessaire pour commencer et ça aurait été beaucoup plus compliqué.

Est-ce que tu estimes pouvoir gagner ta vie aujourd’hui grâce à ton influence sur le web ?

C’est mon métier, je fais ça à temps plein, même si je m’occupe également de Yayou. 80% de mes revenus proviennent de mon blog. La sponsorisation, l’affiliation, les posts instagram rémunérés, les droits à l’image… En matière de sponsorisation, je n’accepte que les produits qui me plaisent ou les marques dans lesquelles je me reconnais. Si ça ne me plaît pas, même si je suis payée, je le porterais pas ! 20% de mes revenus proviennent également de mon travail pour quelques marques, c’est-à-dire de la création de contenu et du community management.

Pour finir, quels sont tes futurs projets ?

Alors j’aimerais pérenniser un peu plus Yayou, consacrer plus de temps sur ma marque parce que le blog me prend énormément de temps. Jusqu’à maintenant j’ai toujours tout fait seule, j’ai toujours refusé les agents parce que j’estimais que j’en avais pas besoin. Je pense que finalement déléguer certaines tâches à une agence peut me permettre de dégager du temps. Et ce temps, je pourrais le consacrer à la créa, au contenu et à Yayou alors on verra ce que ça donne!

Chloé Parisse