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J’ai envie de reprendre les mots de Renaud… empruntés à Frederic Dard :
« si j’avais su que je l’aimais autant, je l’aurais aimé encore davantage »…
C’est un sentiment de tristesse qui a envahi chacun d’entre nous à l’annonce du départ de ce grand Monsieur, de cette immense star qu’est Johnny Hallyday.
Alors oui si on avait su finalement qu’il n’était pas immortel, qu’il nous avait menti jusque là en ressuscitant tant de fois, on aurait été à ses derniers concerts ! On aurait déplacé des montagnes pour obtenir le droit de voir ce lion sur scène une dernière fois !

Mais voilà, il est parti…
Tout ou presque a été dit sur Johnny Hallyday ces derniers jours, alors le propos ici est juste de marquer l’instant d’une bafouille amicale et tendre pour celui qui a tant donné à la France, et à qui il va tellement manquer.
Johnny est parti…
Et personne ne peut y croire, personne n’a envie d’y croire. Pourtant, sa photo se dessine partout où l’on pose les yeux depuis une semaine. Les journaux et les chaines en boucle nous ont abreuvé de reportages, d’interviews, d’émissions spéciales, de révélations inédites, de confessions des proches, de clins d’oeil… sa musique résonne, et nos âmes, « fan » ou non, s’attristent.

Les français se sont découverts un chagrin commun… qu’on nomme aussi chagrin populaire, Pourquoi populaire ? Parce que, que l’on soit de gauche, de droite, homme ou femme, riche ou pauvre, jeune ou vieux, star ou anonyme, le départ de ce chanteur-là nous a tous touché. Les Français pleurent comme si Johnny était de leur famille, nous pleurons comme si nous étions tous de la même famille, et qu’il était un père, un frère, un cousin, un ami … Et oui c’est ça Johnny ! Monsieur Hallyday est certainement le seul chanteur dont, sans être fan, nous connaissons le nom des membres de la famille, au minimum une dizaine de titres qu’il a chanté et qu’à tout instant nous serions capable d’entonner, parce qu’ils ont traversé le temps sans prendre une ride, parce que des « yéyés » jusqu’à ce jour, une fête n’est pas une fête, si Johnny ne résonne pas dans la pièce à un moment donné … Alors de cette intimité créée avec cette idole, à l’annonce de sa mort ce matin-là, un sentiment commun tout à coup que quelque chose disparait, une jeunesse, un moment particulier, un souvenir, une partie de l’histoire qui ne sera plus …

Johnny a été l’idole des jeunes à une époque où beaucoup d’entre nous n’étaient pas nés. Et pourtant dans cette foule qui est venue lui rendre hommage sur les Champs Elysées, à la Concorde ou à la Madeleine, parmi ces près d’un million de personnes en larmes dans un Paris divinement éclairé par un soleil d’hiver, on se rend bien compte que Johnny n’est pas uniquement l’idole d’une génération… En vérité il est celle de 3 ou 4 générations. L’idole de toute une France qui découvre subitement le deuil d’un « monument national », d’un Paris tout à coup sans Tour Eiffel, d’un monstre sacré, d’une légende, d’un show man, d’un colosse, d’un rockeur, d’un Dieu presque… qu’ils croyaient immortel. Oui, Johnny n’est plus là et sa disparition révèle qu’on a tous en nous quelque chose de « lui ».
Et ce samedi, entre larmes et grande tristesse, pudique ou non, force est de constater que tout un peuple s’est réuni autour d’un seul homme, que tous ces Français dans l’écran sont en communion… Johnny aura réussi ce qu’aucun autre homme n’a réussi jusque-là…

Il n’y a pas deux artistes comme lui en France, pas d’autre chanteur, acteur, écrivain, artiste, ou homme politique capable de fédérer toute une nation comme il l’a fait. Depuis presque 60 ans, le plus grand talent de Johnny finalement, aura été d’avoir su écrire la plus merveilleuse histoire d’amour avec la France et les Français. Aujourd’hui et pour toujours Johnny appartient à son public, celui dont il a bercé l’enfance, l’adolescence, avec qui il a grandi… Ses milliers de fans l’ont nourri d’ un amour sans borne, et lui leur a offert un répertoire exceptionnel aux textes sincères qui font
désormais partie du patrimoine Français.

Johnny est parti, laissant là son public, sa famille, sa Laeticia, ses enfants et ses deux petites dernières Jade et Joy. C’est à elles que je pense encore plus, ces deux petits cœurs trop jeunes pour connaître un deuil aussi terrible que celui d’un Papa. Mon cœur d’adulte à moi a de la peine. Je pense à elles qui vont grandir sans ce pilier si important pour se construire. Je pense au manque et à l’absence qu’elles vont devoir appréhender si jeunes, pour que leur douleur petit à petit s’étouffe sans jamais disparaitre. Envie de leur promettre que, non la vie n’est pas toujours injuste et que oui de la haut leur Papa continue à les aimer plus que tout !
« A Dieu » Johnny… Et à présent, que le ciel vibre de votre voix, que les anges « groovent » au son de votre rock n’roll, que votre blues emporte le nôtre, que tous ceux qui nous manquent ici bas aient le bonheur de vous entendre là-haut… et … que l’on vous aime Johnny!

Belinda Gervasoni